Le terme vétérinaire est très ancien. Si le terme d'hippiatrie était utilisé par les Grecs, les Romains donnèrent souvent le nom seul de veterinaria à la médecine des bêtes de somme, et ils appelèrent veterinarius celui qui la pratiquait ; quelquefois ces deux expressions étaient accompagnées de medicina ou medicus. Le médecine des chevaux était généralement désignée par le terme mulo-medicus.

Au Moyen-Age, le soignant des chevaux était généralement désigné par le nom de mareschal, que l'on doit distinguer du maréchal-ferrant, une acception assez différente dans les différentes langues européennes. Le maréchal-expert, qui soigne, n'était pas fevre-maréchal, qui ferre, pas plus que le marschall, le  rosz-arzt des allemands n'est leur hufschmidt.

Le terme vétérinaire apparait à la Renaissance dans les titres de nombreux traités d'hippiatrie, comme L'Art vétérinaire publié par Massé en 1563. Le terme a ainsi été étendu à une plus grande variété d'animaux que durant l'époque romaine, jusqu'à devenir synonyme de zooïatrique., ce que Bourgelat avait probablement en tête lorsqu'il baptisa l'Ecole de Lyon.

Le terme portait une symbolique forte ; par son emploi, Bourgelat marquait la volonté de former des professionnels capables de soigner les "bestiaux de toutes espèces", comme l'arrêt du conseil du Roi de 1761 le demandait. Une partie des élites françaises étaient alors influencée par la physiocratie, un mouvement de pensée pronant la révolution agricole comme préalable au développement économique et social. Bourgelat n'avait pas pour mission de simplement s'intéresser au cheval, l'animal aristocratique et militaire par excellence, mais devait consacrer aussi ses efforts aux animaux de la ferme, compagnons modestes d'une paysannerie qui en tirait sa subsistance.

C'est cette vision agricole des soins aux animaux qui constituait l'orginalité de la démarche française, bien loin des nombreuses écoles d'hippiatrie européennes souvent associées à l'administration militaire.