16 mars 1765. De son bureau Versailles, Henri-Léonard Bertin, ministre du roi Louis XV, adresse à Claude Bourgelat, créateur en 1761 d'un établissement d'un nouveau genre, une école dédiée à l'apprentissage des soins des animaux de toutes espèces. Le succès a été fulgurant, suscitant  l'intérêt des gouvernements européens qui y envoient leurs ressortissants. A l'été 1764, Louis XV donne le titre d'Ecole Royale à l'établissement, nomme Bourgelat Inspecteur général des écoles existantes et à créer dans le royaume, ainsi qu'Inspecteur général des haras du royaume. L'écuyer devant gagner la capitale, il demande à Bertin l'autorisation de déplacer l'Ecole de Lyon à Paris.  La réponse du contrôleur général des finances est sans appel.

Je n'ai point eu l'intention de transporter à Paris l'Ecole Vétérinaire de Lyon, mais d'en former une près de la Capitale, où les secours de toute espèce aideront à former des Elèves d'un ordre peut-être supérieur, et qui pourront devenir Chefs dans les écoles de Province que le Roy a ordonné qu'il y seraient établies.

L'intention du ministre était de créer une école vétérinaire dans chaque généralité du royaume et d'utiliser l'école parisienne comme centre de formation des futurs enseignants. Dès l'été 1765, deux professeurs, Honoré Fragonard et Philibert Chabert, gagnent la capitale avec quelques élèves. La première implantation de l'Ecole est proche de la porte Saint-Martin mais Bourgelat, désireux de trouver un site extérieur à Paris, acquiert le domaine d'Alfort, situé à une lieue de Bercy. Au début de l'année 1766, l'architecte des bâtiments civils, Jean-Germain Soufflot, crée dans les dépendances du château les locaux nécessaires à l'accueil des élèves. Les premiers arrivent au début du mois d'octobre 1766. Ils sont majoritairement fils de maréchaux ou de cultivateurs, une condition sociale que Bourgelat considère comme propre à assurer leur ré-implantation dans leurs provinces d'origine.